Revue de presse & actualité
du mardi 4 novembre au mardi 9 décembre 2008

A LA UNE

RECYCLAGE : Eco-Emballages rappelée à l'ordre
Thème : recyclage, politique


Le ministre de l'Ecologie a convoqué mardi 9 décembre au soir le directeur général d'Eco-Emballages pour lui demander de remettre de l'ordre dans ses placements financiers.
Le conseil d'administration de la société agréée pour la valorisation des déchets d'emballages ménagers, qui redistribue l'argent perçu auprès des industriels emballant des produits neufs aux communes trieuses, avait alerté le ministère sur un "risque de pertes financières liées à des placements non sécurisés d'une partie de la trésorerie (...) dans des paradis fiscaux". Ces fonds s'élèvent, selon le Meeddat, à 60 millions d'euros, à rapporter aux 400 millions qu'Eco-Emballages lève annuellement, grosso modo, auprès des emballeurs au titre du point vert.

Le fait qu'une société agréée place une partie de l'argent qu'elle perçoit des producteurs n'est un secret pour personne, mais c'est l'emploi de ces fonds, "inacceptable au regard de la morale républicaine", qui choque Jean-Louis Borloo, "s'agissant de fonds publics" (en réalité pas publics pour un sou). Le ministre a donc convoqué une réunion de crise au sein d'Eco-Emballages, dont le conseil d'administration est présidé par l'ancien directeur général, Eric Guillon, réunion qui doit se tenir ce mercredi. Il a aussi demandé un rapatriement des fonds pour les orienter vers des placements sécurisés, ainsi qu'une "enquête approfondie" avant la commission consultative du 16 décembre.

Eco-Emballages, par la voix de Bernard Hérodin, son directeur général et ancien directeur financier, n'avait pas encore réagi ce mercredi matin, mais ses services ont communiqué les précisions suivantes : il s'agit de 55 millions d'euros, placés "auprès d'un organisme financier basé à Zurich et travaillant avec des banques européennes", donc "loin des paradis fiscaux" dénoncés. Lors d'un conseil d'administration du 21 avril dernier, décision a été prise de retirer ces fonds pour les orienter "vers des produits moins dynamiques, comme 80 % de nos placements". C'est donc un question de délai, d'après l'éco-organisme, surpris qu'il faille sept mois pour que l'intermédiaire zurichois s'exécute, mais reconnaissant bien que 20 % de ses placements étaient orientés vers autre chose que des "produits monétaires classiques de bon père de famille".

L'agrément dont bénéficie Eco-Emballages court jusqu'en 2010, mais il sera suspendu "faute d'une action exemplaire", prévient le Meeddat, qui souhaite par ailleurs renforcer le "contrôle par l'Etat du fonctionnement des éco-organismes" en y nommant des "censeurs". Le suivant s'accompagnera d'une révision du barème de contribution. Il y a fort à parier que sachant leur "percepteur" fortement bénéficiaire et peu regardant sur ses placements, les contributeurs (environ 10 000 marques) rechignent à payer davantage.
Pour en savoir plus : • Le communiqué du Meeddat Le site d'Eco-Emballages
www.environnement-online.com, 10/12/08


CLIMAT : Le Climate Group lance une charte pour les établissements financiers
Thème : climat, développement durable, RSE

"Adhérent de la première heure des Principes Equateur", le Crédit agricole vient d'annoncer son adhésion à la charte des Principes Climat pour le secteur financier du Climate Group, aux côtés de HSBC, Munich Re, Standard Chartered et Swiss Re.
Lancée le 2 décembre, cette charte prône notamment plus de transparence et une réforme du secteur vis-à-vis des émissions de gaz à effet de serre. Mais contrairement aux autres établissements financiers à l'avoir signée, la banque française n’est pas membre du Climate Group, qui en compte quasiment 60 dont une quarantaine d’entreprises.
"Les institutions financières jouent un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique, explique la banque. Tout d’abord, en tant qu’entreprises, elles se doivent de réduire les émissions de gaz à effet de serre induites par leur activité. Ensuite, en tant que conseillers, préteurs, investisseurs, et assureurs, elles jouent un rôle important en aidant les particuliers, les entreprises, les collectivités auxquels elles apportent un financement, à choisir des projets permettant de gérer les risques sur le climat. Elles peuvent enfin accélérer l’innovation liée au changement climatique."
Pour en savoir plus : • Site du Climate GroupSite du Crédit agricole
www.environnement-online.com, 09/12/08


RECUPYL : Une bouffée de 14,5 M d'Euros pour développer ses projets
Thème : déchets, recyclage

La société Récupyl a bénéficié d’une injection de capitaux de 14,5 millions d’euros de la part de son bailleur de fonds initial Aloe Private Equity, mais aussi de plusieurs investisseurs emmenés par AGF Private Equity. Son investisseur initial INPG Enterprise SA a conservé sa participation.
Avec cet argent frais, la société prévoit de multiplier les implantations dans le monde avec des sites de petite taille spécialisés dans le traitement hydrométallurgique des piles. Dès 2009, elle en prévoit au minimum quatre. Déjà, elle possède plusieurs sites de recyclage à Singapour, en France, en Espagne et au Royaume-Uni.
Au-delà de cette extension géographique, l’idée est aussi d’adapter le procédé hydrométallurgique au traitement des écrans plats, des piles à combustibles, des batteries de véhicules hybrides ou encore des panneaux photovoltaïques. Des recherches sont en cours et les premières réalisations industrielles pourrait intervenir dès 2010.
www.environnement-online.com, 05/12/08


DECHETS : Cyclamed arrête l’humanitaire
Thème : recyclage, développement durable, risques sanitaires

Au 1er janvier, plus aucun MNU (médicament non utilisé) collecté dans le cadre du dispositif Cyclamed ne partira en valorisation humanitaire.
En 2007, 251 tonnes ont suivi cet exutoire, contre 11 990 tonnes pour la valorisation énergétique. Cet arrêt fait suite au rapport de l’Igas qui avait mis en évidence certaines pratiques frauduleuses de la part de pharmaciens indélicats revendant une deuxième fois des MNU que leur ramenaient les patients.
L’intégralité des collectes Cyclamed partira donc à l’incinération, dans des volumes qui pour 2008 s’annoncent à peu près identiques à ceux de 2007. « Nous avons enrayé la chute de 7 % enregistrée entre 2006 et 2007 », se félicite Daniel Robin, directeur de Cyclamed, pour qui tout passe par la communication. Une nouvelle série de spots TV sera diffusée ce mois-ci. « On peut voir aussi une baisse des collectes comme une bonne nouvelle, celle comme quoi les patients consomment mieux leurs médicaments et en gâchent moins », poursuit Thierry Moreau-Defarges, président de Cyclamed.
L’organisme tourne avec 6 M€ de budget, levé sur les cotisations des laboratoires pharmaceutiques et les rétrocessions de cotisations que les mêmes paient à Adelphe au titre du point vert sur les emballages. Il s’attend à ce que ses coûts d’incinération augmentent, en raison de la nouvelle TGAP sur la tonne incinérée, et espère que les patients ne confondront pas MNU et Dasri, déchets dont un décret imminent doit organiser la filière.
Pour en savoir plus : Le site de Cyclamed (peu actualisé)
www.environnement-online.com, 05/12/08


LITTORAL : Sous la pression touristique
Thème : paysage, biodiversité, traitement de l'eau

Les côtes atlantiques et méditerranéennes subissent une forte pression touristique, qui se traduit par de nombreux déséquilibres difficiles à compenser.
France : les îles particulièrement touchées
D'après une étude que vient de publier l’Institut français de l’environnement et de la nature (Ifen), la population des îles situées au large du littoral atlantique français augmente très fortement l'été, allant parfois jusqu'à décupler. Cela pose des problèmes notamment en termes de gestion de l’eau : « les communes sont obligées de surdimensionner les équipements pour répondre à l’afflux des touristes. Ainsi, l’assainissement sur l’île aux Moines est dimensionné pour 2 500 équivalents-habitants (EH) alors que la population résidente n’est que de 527 personnes ; sur l’île d’Yeu, ces valeurs sont de 19 500 EH pour 4 807 habitants, » note l’Ifen.
Ce déséquilibre entre population touristique et population résidente entraîne en outre le déclin des activités économiques traditionnelles – pêche, agriculture – ce qui rend « l’économie vulnérable car monofonctionnelle ». Les dunes, les zones humides et autres espaces naturels sont quant à eux menacés par les passages de personnes et la pression immobilière.
En effet, la part des zones artificialisées est très importante sur ces territoires : « elles couvrent un sixième des îles (15,8 %), soit plus que la moyenne du littoral atlantique (13,2 %) et 3,3 fois plus que la moyenne métropolitaine (4,8 %). »
Espagne : le ciment progresse
Le constat est similaire en Espagne, selon une étude présentée par l’Observatoire espagnol du développement durable, citée par le quotidien El Pais. A l’heure actuelle, 27,5 % de la côte méditerranéenne espagnole est artificialisée, soit 23 % de plus qu’il y a six ans. La progression a été un peu moins rapide sur la côte atlantique. La situation n’en demeure pas moins alarmante, avec un boom immobilier sur le littoral qui, loin de se ralentir, n’a fait que s’accélérer ces dernières années.
Pour en savoir plus :L’étude de l’IfenL’article d’El Pais (en espagnol)
www.environnement-online.com, 26/11/08

 

REVUE DE PRESSE

Turquie : le bore de discorde
D’après Environnement & Stratégie, 09/12/08
Thème : substances dangereuses, politique

Largement utilisé en Turquie dans de nombreuses applications, qui détiendrait 70 % des réserves de ce minerai, le bore a été récemment classé produit toxique par la Commission européenne. Cette décision a été très mal accueillie par la classe politique et les industriels, qui y voient un obstacle supplémentaire à l’entrée dans l’Union.

CRISE ECONOMIQUE : Le secteur du recyclage atteint par la chute de prix des matières premières
D’après Recyclage récupération, 21/11/08
Thème : économie, recyclage


Dans un communiqué, Federec, fédération des entreprises du recyclage, fait savoir que la crise économique touche également le secteur du recyclage et que les matières recyclées sont emportées dans la chute de l'ensemble des prix des matières premières.
"En l’espace de trois mois, précise la Fédération professionnelle, le prix de certaines matières a été divisé par 3 voire par 5 ce qui les ramène aux niveaux les plus bas enregistrés ces dernières années, quand ce n’est pas à valeur nulle !

Pire encore, les ventes ont totalement cessé dans certains secteurs du jour au lendemain." Federec fait également allusion à la rupture de contrats d'approvisionnements dont ont été victimes certaines entreprises lorsque les consommateurs de matières ont renégocié voir annulé les contrats passés. Autre sujet de préoccupation pour les recycleurs, les stocks qui enflent. "Lorsque les ventes cessent, les stocks gonflent rapidement sur les plateformes de traitement, ce qui est déjà le cas actuellement.

Ces sites de recyclage, Installations Classées pour la Protection de l' Environnement sont fortement encadrés et risquent d’être très vite saturés dans leur capacité de stockage actuelle." Federec souhaite que les entreprises du secteur soient traitées à égalité avec l'ensemble des acteurs économiques pour ce qui concerne les soutiens, en particulier pour l'accès au crédit. "La Société du Recyclage souhaitée par le Grenelle de l Environnement et réaffirmée par l’Union Européenne sera sûrement à ce prix."

EAU POTABLE : Paris repasse son eau en régie
D’après Environnement Magazine, 26/11/08
Thème : traitement de l'eau

Annoncé pendant la campagne municipale, le retour en régie du service de l’eau de la ville de Paris a été adopté lors du conseil de Paris des 24 et 25 novembre derniers.
« La création d’un service public de l’eau à Paris est une décision politique emblématique » revendique Anne le Strat, l’actuelle pdg d’Eau de Paris. Actuellement, la distribution est assurée par Lyonnaise des Eaux pour la rive gauche et la Compagnie des eaux de Paris pour la rive droite et la production par une société d’économie mixte.
La fin des contrats de délégation de service public prévue pour 2009 et 2011 était l’occasion à ne pas rater. « Le système actuel ne permet ni la meilleure efficacité, ni le meilleur contrôle ni la meilleure gestion » poursuit Anne Le Srat. Pour preuve, le chiffrage de 30 millions d’euros d’économies attendues a minima.
Le nouvel établissement public qui conservera le nom d’Eau de paris reprendra une partie du personnel des distributeurs d’eau et prévoit la création à partir du Crecep (centre de recherche, d’expertise et de contrôle des eaux de Paris) d’un laboratoire municipal de contrôle et de surveillance de la qualité de l’eau.


Déchets : une poubelle pour télésiège
D’après Environnement Magazine, 01/12/08
Thème : déchets

À chaque fonte des neiges, c’est le même spectacle : sous les remontées mécaniques, les montagnes de déchets. Partant de ce triste constat, Paul Fanlou, jeune pyrénéen ingénieux, a développé une « poubelle-cendrier » pour télésiège, à vidage automatique, testée il y a trois ans au Tour- malet (Hautes-Pyrénées ). Non loin de là, à Peyragudes, elle a permis de collecter en quatre mois 1 000 l sous un télésiège de 60 véhi cules. L’inventeur a démarché un tiers des stations françaises et bénéficié d’un partenariat avec la Fondation Quiksilver. En avril dernier, il a décroché la Médaille d’or de l’en vi ron nement et l’un des 49 prix spéciaux au Salon international de l’invention de Genève. Cet hiver, la sta- tion des Ménuires (Savoie) en équipera l’un de ses huit télé- sièges, tandis que le domaine andorran de Grandvalira en équipe trois. Tout reste à faire : la France compte 300 stations de ski et plus de 900 télésièges. Coût : 60 euros pièce. www.pyrenees-concept.com


Hydroliennes irlandaises
D’après Environnement Magazine, 01/12/08
Thème : énergies renouvelables

EDF a retenu la société irlandaise OpenHydro pour construire les premières hydroliennes sur le site de Paimpol- Bréhat (Côtes-d’Armor). OpenHydro fournira quatre à dix hydroliennes, d’une capacité totale de 2 à 4 MW, qui devraient être raccordées progressivement au réseau de distribution d’électricité à partir de 2011.


Bâtiments tertiaires : la guerre de l’énergie positive aura lieu
D’après Environnement Magazine, 01/12/08
Thème : énergie

La course à l’énergie positive est lancée. Plusieurs promoteurs et constructeurs se disputent déjà la place médiatiquement enviée du premier bâtiment tertiaire de France produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme. Si on met de côté les 700 m² d’ateliers de Gaz et Electricité de Grenoble inaugurés il y a un an, la palme revient à la tour Elithis de Dijon, qui doit être livrée à la toute fin du mois.
Ce bâtiment de dix étages imaginé par le bureau d’études Elithis Ingénierie et l’architecte Jean-Marie Charpentier sera inauguré en mars. « La tour consommera théoriquement 70 kWh/m²/an et n’en produira que 50. Nous atteindrons l’énergie positive grâce aux économies générées par les comportements et les équipements vertueux des utilisateurs et aux calories récupérées chez deux futurs occupants : un restaurant et un radiologue », indique Thierry Bièvre, directeur général d’Elithis. L’an prochain, trois projets sortiront de terre : l’Immeuble de bonne énergie à Grenoble, qui devrait consommer moins de 30 kWh/m²/an et en produire 16 000, le Natural Positive Building d’Emmanuel Coste qui produira 5 000 kWh/an d’excédent et dont la livraison est prévue fin mars, ou encore une école à Beynat (19). En 2010 voire 2011, place aux projets plus importants : Energy + à Gennevilliers (92), le bâtiment Solaris de Clamart (92), un des moins consommateurs mais qui s’affiche à tort comme « le premier immeuble à énergie positive en France » et, enfin, le Green Office et les archives départementales du Nord de Bouygues Construction, qui vient de lancer un GIE pour « fédérer les efforts de R & D » des industriels du secteur. www.green-office.fr


Réduction des émissions : l e potentiel du ciment
D’après Environnement & Stratégie, 09/12/08
Thème : GES, climat

Selon un rapport du WWF international rendu public à Poznan, l’industrie cimentière, responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), pourrait réduire les siennes jusqu’à 90 % à l’horizon 2050 par rapport au scénario sans évolution technologique (frozen technologies).
Destiné en particulier aux producteurs des pays émergents (Chine notamment), ce rapport détaille les solutions pour parvenir à l’objectif.
À blueprint for a climate friendly cement industry, www.wwf.org


États-Unis : les efforts de Coca-Cola
D’après Environnement & Stratégie, 09/12/08
Thème : RSE, développement durable

50 milliards de litres d’eau économisés en 2012, 2 millions de tonnes de CO2 évitées en 2015, mise en place en 2009 d’une chaîne d’approvisionnement « durable » et préservation des cours d’eau sont les nouveaux objectifs du partenariat conclu en 2007 entre le WWF et Coca Cola. La firme y consacrera 3,75 millions de dollars, qui s’ajoutent aux 20 millions déjà mobilisés. www.thecoca-colacompany.com



Canada : l’hérésie des sables bitumineux
D’après Environnement & Stratégie, 09/12/08
Thème : pollution, énergies fossiles, biodiversité

Plus de 160 millions d’oiseaux migrateurs pourraient disparaître du continent américain si les sables d’Alberta, qui renferment plus de 174 millions de barils de pétrole, étaient exploités. Tel est l’avertissement que lance l’écologiste Jeff Wells, de l’université Cornell (New York). Selon l’étude réalisée pour l’association Boreal Songbird, l’exploitation de 300 000 hectares de forêts boréales déjà planifiée par les pétroliers supprimera l’habitat de 480 000 à 3,6 millions d’oiseaux, et de 4,8 à 36 millions d’individus dans les vingt ans à venir en incluant leur descendance. De plus, 80 millions de tonnes de CO2 seraient rejetées d’ici à 2011 par cette activité. www.borealbirds.org



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