18/06/2008

Peut-être est-ce dû au lieu, ou peut-être à l’occasion, un soixantième anniversaire devant se fêter dignement, mais l’effervescence était sensible lors de cette nouvelle convention du Bureau international du recyclage.
Les différentes sessions étaient riches en contenu et en invités de marque. Au nombre de ceux-ci, on nous permettra de distinguer lord Nicholas Stern of Brentford, non pas tant parce qu’il a été anobli par la reine Elisabeth II, ni même en sa qualité d’ancien vice-président de la Banque Mondiale, mais parce que, infatigablement, il s’attache à démontrer que le changement climatique en cours est générateur de sombres futurs.
Un état des risques et des mesures à prendre figurent dans son rapport « Économie du changement climatique », remis en octobre 2006 au chancelier et au Premier ministre britannique.
Il ne se borne pas à chiffrer les coûts des risques encourus en termes économiques et humains, mais également ceux en termes de modifications des technologies qui seraient génératrices d’amélioration. Les quelques degrés C en plus provoqueront des mouvements massifs de populations, car nombre d’êtres humains ne pourront plus se nourrir. « 70 % des gaz à effet de serre sont émis par les pays riches, a-t-il rappelé, le coût sera plus important en ne faisant rien. Nous avons à réagir rapidement.» Il a cité pour exemple ces industriels américains qui ont demandé à leur gouvernement de mettre en place des instruments afin de lutter contre le changement climatique. Puisque l’efficacité énergétique est une étape cruciale, le recyclage, moins énergivore, devrait largement participer à cette action.
Il existe de réelles opportunités et, a-t-il souligné « ce n’est pas seulement du ressort des gouvernements, mais des entreprises et de chacun de nous. Votre contribution est énorme ». Avec 4 millions de tonnes de déchets générés chaque jour, « le temps du non fini commence ! », assure Philippe Chalmin. Professeur d’économie à Paris Dauphine et animateur du cercle Cyclope, il a présenté les résultats publiés dans son rapport sur les marchés mondiaux 2008.