17/06/2008

La filière de l’hydrogène passe indéniablement par de nouvelles solutions de stockage efficaces et sûres. Les solutions actuelles de stockage à très haute pression ou sous forme liquide cryogénique, ne sont donc pas totalement satisfaisantes et restent volumineuses.
La voie solide est donc une alternative prometteuse. C’est sur ce domaine qu’une nouvelle société est en cours de création dans la Drôme. Issue de l’Institut Neel (Cnrs), la société McPhy Energy SAS va exploiter des brevets relatifs à des galettes nanostructurées d’hydrure de magnésium. Mais pas n’importe lequel.
Bien qu’ayant une capacité massique importante, ce matériau ne permet pas d’obtenir des cinétiques d’absorption et de désorption suffisamment rapides. Les travaux de l’Institut Neel ont permis de trouver les additifs adéquats pour améliorer cette cinétique (alliage breveté) et gérer aussi la conductivité thermique puisque la réaction de stockage est exothermique (ajout de graphite expansé). La mise en forme de ces matériaux composites à conductivité thermique renforcée a ainsi permis de réduire d’un facteur 10 le temps de chargement. Une galette d’environ 8 cm de diamètre et de 1 cm d’épaisseur équivaut ainsi à 60 litres d’hydrogène à température ambiante. McPhy Energy aura donc pour vocation de commercialiser ces composites et de poursuivre le développement d’autres matériaux. D’autres hydrures moins compétitifs en capacité massique, mais utilisables à des températures moins élevées, pourraient intéresser le marché. Car l’un des points clés de cette filière reste la température de mise en oeuvre de ces matériaux. Il faut, en effet, chauffer le matériau pour désorber l’hydrogène.
À l’Institut Neel, les efforts sont continus sur ce thème. Un premier prototype de réservoir a été présenté sur le forum 4i de Grenoble. En plus du mode de transfert de la chaleur aux galettes, les réflexions portent également sur sa source. L’une des options serait de récupérer la chaleur émise lors de l’absorption (dans un matériau à changement de phase, tels que des sels fondus). Une autre idée serait de récupérer la chaleur émise par la pile à combustible (par exemple la chaleur élevée des piles SOFC).
CONTACT : Institut Néel, Patricia De Rango, tél. : 04 76 88 90 30, Patricia.derango@grenoble.cnrs.fr