Les chercheurs nantais ont donc imaginé l'utilisation de granulats de pneus dans les carrières d'entraînement équestres, en remplacement du sable. Si l'idée paraît simple, il a fallu plusieurs années pour définir et valider ce nouveau revêtement. Celui-ci, aujourd'hui breveté, est constitué d'une assise réalisée selon les techniques des sols sportifs existants, recouverte d'un mélange de granulats libres. « Il fallait définir les bonnes associations de granulométries et la mise en oeuvre adéquate pour obtenir à la fois des qualités de rugosité et de rebond, mais aussi de souplesse et de confort pour l'animal et l'homme », souligne Sophie Moreau qui porte ce dossier depuis 2004.
Le résultat, testé depuis deux ans dans le centre équestre du Vallet, s'est avéré excellent. Ce revêtement d'une dizaine de centimètres d'épaisseur a une durée de vie très élevée, contrairement au sable qu'il faut changer tous les ans dans les centres relativement fréquentés du fait de son érosion. En outre, le support à base de pneus n'a pas besoin d'être arrosé, ce qui constitue une source d'économie et un atout environnemental. Enfin, note Sophie Moreau, le nouveau support n'est pas abrasif, limitant donc les ferrures des chevaux. « C'est souvent un des postes de dépense les plus importants d'une exploitation », souligne cet ingénieure et cavalière. Toutes ces sources d'économie (sable, eau, ferrures...) auxquelles on pourrait ajouter le gain de temps, permettent d'amortir rapidement l'achat du revêtement.
Pour Aliapur, qui a soutenu ce développement, ce débouché pourrait être intéressant en volume. Un manège moyen atteint vite les 1 000 m2, et nombreuses sont les carrières de 2000 à 3 000 m2. « Selon notre estimation, le seul Grand Ouest représente 5 Mm2 de manèges et carrières », indique la spécialiste nantaise.
Cécile Clicquot de Mentque, LLE
Crédit photo : René Fraud, CSTB.