Des experts de l’Inserm en épidémiologie et toxicologie notamment, ont réalisé un bilan des connaissances sur les facteurs environnementaux cancérogènes avérés et supposés. Ils se sont concentrés sur neuf cancers dont l’incidence a augmenté au cours des 25 dernières années : poumon, mésothéliome, hémopathies malignes (leucémies, lymphomes…), tumeurs cérébrales, sein, prostate, thyroïde, ovaire, testicule. Cette expertise reconnaît en effet que les modifications de l’environnement pourraient être partiellement responsables de cette augmentation.
Les chercheurs se sont accordés sur certaines directions de recherche à privilégier. Ainsi, Robert Barouki, toxicologue, souligne la nécessité de « mieux comprendre l’impact d’exposition à de faibles doses et à des mélanges ». Des situations d’expositions qui se rapprochent de la réalité de l’environnement dans lequel nous évoluons. « Il est essentiel de vérifier l’extension possible à d’autres localisations, des cancérogènes avérés. L’amiante, par exemple, est lié au cancer du poumon. Peut-il aussi être lié au cancer du larynx ? » s’interroge Isabelle Stücker, épidémiologiste.
Pour finir, Jacqueline Clavel s’est attardée sur les pesticides « mentionnés dans de nombreuses études concernant notamment les tumeurs cérébrales, les hémopathies, les cancers hormonaux dépendants, les cancers des enfants. » Quant-à Isabelle Stücker, elle soupçonne les fumées de diesel et la pollution atmosphérique d’avoir une responsabilité dans le cancer du poumon. Des observations intéressantes à la lumière des objectifs français et européens qui sont, respectivement, de réduire de moitié les pesticides d’ici dix ans et de 130g de CO2/km pour 2015.
Fanny Delachaux, Environnement Magazine