5 novembre 2009
«Ce que je constate, ce sont les ravages actuels, c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales, et que, du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime.»
Ainsi s’exprimait récemment Claude Lévi-Strauss.
Ce constat, de la perte de biodiversité, est également celui de l’UICN, à travers la publication, le 3 novembre, de l’édition 2009 de la Liste rouge des espèces menacées.
Sur les 47 677 espèces répertoriées, 17 291 sont menacées d’extinction, soit 36%, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.
21 % de tous les mammifères connus, 30 % de tous les amphibiens connus, 12 % de tous les oiseaux, 28 % des reptiles, 37 % des poissons d’eau douce, 70 % des plantes, 35 % des invertébrés répertoriés à ce jour sont menacés.
En outre, et comme l’a précisé Craig Hilton-Taylor, directeur du bureau de l’UICN pour la Liste rouge, ces résultats ne concernent que les espèces répertoriées et «il en existe encore des millions qui sont peut-être sérieusement menacées».
«Si l'homme est respectable, c'est d'abord comme être vivant plutôt que comme seigneur et maître de la création, première reconnaissance qui l'eut contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants», expliquait Claude Lévi-Strauss à l'occasion du 60ème anniversaire de l'UNESCO, le 16 novembre 2005.
L’UICN relève que les principales causes de cette érosion de la biodiversité sont la dégradation des milieux naturels, la surexploitation, l’introduction d’espèces envahissantes, les pollutions et le changement climatique.
Avec 778 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, la France se situe au huitième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales menacées au niveau mondial. Cette situation vient principalement du fait que les collectivités françaises d’outre-mer sont presque toutes situées dans des régions où les espèces sont très nombreuses mais aussi très menacées.
L’Equateur, les USA, la Malaisie, l’Indonésie, le Mexique, la Chine, l’Australie, le Brésil et l’Inde sont également montrés du doigt par l’UICN qui conclut que l'objectif d'enrayer la perte de biodiversité en 2010 ne sera pas atteint par la communauté internationale.
Chers lecteurs, vous l’aurez compris, cet article est aussi l’occasion de rendre un dernier hommage au fervent défenseur de la diversité biologique et culturelle que fut Claude Lévi-Strauss. Alors, si vous le permettez, et bien qu'il ait écrit «Je hais les voyages et les explorateurs», souhaitons lui néanmoins "bon vent" pour son dernier périple...
Alice Garnier
Pour en savoir plus :
Droit de l'Environnement
Crédits de l'illustration : DR