1 février 2012
Mardi 31 janvier, la Cour des comptes a rendu son rapport, très attendu, sur les coûts de la production d’électricité nucléaire en France.
D’une part, la juridiction financière estime que les dépenses passées ont bien été identifiées, mais que le coût total reste très important. En effet, le montant total de construction des installations nécessaires à la production d’électricité nucléaire s’est élevé à 121 milliards d’euros en 2010, auquel il faut ajouter 67 milliards d’euros de dépenses liées à la recherche.
D’autre part, la Cour considère que les charges courantes d’exploitation « sont bien identifiées et leur chiffrage ne pose pas de problème ».
Enfin, la Cour se penche sur les charges futures qu’elle estime incertaines, celles-ci englobant les dépenses de démantèlement, de gestion des déchets, de maintenance et de production. Globalement, ces dépenses vont croître. Ainsi, les dépenses de démantèlement des 58 réacteurs du parc actuel sont estimées à 18,4 milliards d’euros, et la gestion à long terme des déchets à 28,4 milliards d’euros. Toutefois, les dépenses les plus élevées seront liées à l’évolution des investissements de maintenance et à la production.
La Cour s’intéresse, pour finir, au choix stratégique lié à la durée de vie des centrales et dresse un avis mitigé. En effet, elle constate que « d’ici la fin de l’année 2022, 22 réacteurs sur 58 atteindront leur quarantième année de fonctionnement. Par conséquent, dans l’hypothèse d’une durée de vie de 40 ans et d’un maintien de la production électronucléaire à son niveau actuel, il faudrait un effort très considérable d’investissement équivalent à la construction de 11 EPR d’ici la fin de 2022. La mise en œuvre d’un tel programme d’investissement à court terme paraît très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles. »
Ainsi, « à travers l’absence de décision d’investissement, une décision implicite a été prise qui engage déjà la France : soit à faire durer ses centrales au-delà de 40 ans, soit à faire évoluer significativement et rapidement le mix énergétique vers d’autres sources d’énergie, ce qui suppose des investissements complémentaires. »
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Droit de l'Environnement
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